Daims
Reportage réalisé par PIERISEL lors du dernier comptage - mars 2009
Chaque année, un comptage institutionnel organisé par l’ONF et la Ville de Sélestat (un comptage associatif existe également) de cette population de daims à laquelle les Sélestadiens sont fort attachés, est réalisé.
La méthodologie consiste en des « affûts et approches combinés » :
- la zone de comptage (l’Ill*Wald et sa périphérie sud) est découpée en 34 secteurs ;
- sur chaque secteur, 2 personnes, l’une mobile au sol (sur et en dehors des chemins), l’autre postée sur un mirador, notent leurs observations : nombre de daims, mâles (perches, palettes), femelles, faons, heure d’observation, localisation, direction de fuite, ... :
- les observations ainsi recueillies sont ensuite recoupées et transposées sur une carte pour éviter les doubles comptages.
L’opération se déroule en deux temps (un comptage un jeudi soir de 16h00 à la tombée de la nuit et un le lendemain matin, à partir de 6h jusqu’à 9h), à la mi-mars après les inondations (généralement !) et avant la chute des bois des daims (pour permettre de distinguer les mâles des femelles).
S’il est évident que le nombre exact d’individus ne peut être obtenu, l’objectif du comptage (qui constitue aussi un moment de convivialité et de rencontre entre des acteurs de milieux divers) est avant tout d’évaluer l’évolution de la population de daims. Ce, en vue d’établir un plan de chasse adéquat, c’est-à-dire adapté au maintien d’une population saine tout en assurant une pression acceptable de ces cervidés sur le peuplement forestier et les parcelles agricoles et en offrant au promeneur une chance assez importante de surprendre ces animaux au détour d’un chemin.
Le comptage est par ailleurs mis en parallèle avec les observations réalisées tout au long de l’année, le nombre de collisions sur la RD424 (route scindant le massif forestier en 2 parties) et les dégâts constatés sur la forêt.
Les résultats du comptage de la population de daims réalisé depuis 1976 montrent une tendance à la stabilisation du nombre d’individus depuis 1994.
La chasse sélective a par ailleurs permis d’agir sur la qualité de la population. Elle a en effet permis d’obtenir un sex ratio convenable, d’environ 1 mâle pour 1 femelle, alors que la proportion jusqu’en 1987 était d’environ 1 mâle pour 8 femelles : une proportion plus élevée de mâles augmente la compétition et favorise par conséquent la sélection des mâles les plus "forts", aptes à donner une descendance saine et "vigoureuse.
Si la population de daims est maintenue à un niveau acceptable pour l’espèce elle-même et la forêt en général, il n’en est, pour autant, pas moins nécessaire d’engrillager toutes les parcelles destinées à la régénération naturelle des peuplements forestiers. Le daim se nourrit en effet de végétaux, notamment de jeunes pousses d’arbres mettant ces dernières à rude épreuve.